Que devient le consultant dans l’ère du Web 2.0 ?
Depuis 22 ans, je suis passionné par l’apport des technologies de l’information dans la transformation des métiers mais j’ai dû suivre les grandes vagues du conseil à partir de technologies de type ERP ou autres qui asservissaient l’utilisateur plus qu’elles ne lui apportaient.
Certaines technologies pourtant plus porteuses de création collective comme le « Groupware » sont arrivées dans des entreprises où le salarié avait encore une approche trop passive vis-à-vis des systèmes d’information. La 1ère vague Internet visait des internautes consommateurs de produits classiques.
Nous sommes à mon avis à la charnière d’une révolution que les entreprises et leurs consultants n’ont pas perçue. Cette révolution vient à mon sens de la découverte de l’effet « réseau », non plus au sens de l’accès « haut débit » mais de ses implications dans la dynamique des échanges de pair à pair.
Le réseau n’est donc plus une théorie de management mais une réalité quotidienne. Il se crée par le contact puis le travail effectif en groupe avec des personnes qui n’appartiennent pas aux mêmes organisations, aux mêmes localités et qui souvent n’ont pas la même langue maternelle mais qui s’assemblent par affinité. Il se déploie rapidement et crée des chaînes de valeur nouvelles qui vont de plus en plus surprendre ceux qui sont en dehors (i.e. 2nd life génère 64 millions de dollars de business) .
Les connecteurs du réseau sont des outils issus de l’ère du Web 2.0, des outils comme Skype, les blogs ou les jeux en réseau. Ces outils suscitent des logiques de « travail ludique » en groupe en partant de l’individu, ce qui est une différence essentielle avec les outils diffusés dans les entreprises qui restent des outils décidés par le management. Il semble que le départ de l’individu hors du monde contraint de l’entreprise soit un élément clé de l’adoption.
Le consultant qui aujourd’hui conseille les entreprises se trouve donc face à un dilemme, mettre en place ce genre d’outil à l’intérieur des entreprises ou conseiller les réseaux qui se montent à l’extérieur : la mise en place du collaboratif à l’intérieur de l’entreprise se heurte à la passivité structurelle de l’emploi salarié. La dynamique des réseaux externes est très rapide mais il est difficile de capter les besoins de conseil et surtout de trouver un modèle économique adapté.
Il me paraît donc essentiel de réfléchir à l’impact du Web 2.0 sur le métier du conseil.
