Le travail à distance se développe inéluctablement avec la mondialisation de l’économie

Délocalisation en AsieLa mondialisation n’a pas que des effets sur la délocalisation des emplois : elle entraîne sans que l’on en parle d’autres effets induits sur l’organisation du travail en France.

En effet, les sociétés sont toutes attirées par la réduction du coût de main d’oeuvre afin de rester compétitives. Elles ferment donc leurs usines et leurs bureaux pour réaliser des activités dans les pays où la main d’oeuvre est moins chère. Il subsiste malgré tout en France des activités de coordination des approvisionnements ou du développement offshore.

Flux d'informationCes emplois se caractérisent par un besoin de travailler efficacement à distance avec les fournisseurs. Il n’est plus possible de se rendre en effet tous les matins pour faire un point avec son unité de fabrication et d’ajuster les programmes à la nouvelle demande.

Les fournisseurs ne parlent en général pas le français, ils ne sont pas dans le même fuseau horaire et n’ont pas non plus les mêmes périodes ouvrées de l’année (par exemple le nouvel an Chinois). Si l’on ne veut pas transformer la délocalisation en véritable fiasco pour le service clients et l’obsolescence des stocks, il devient donc indispensabled’apprendre à travailler à distance.

 

Outils de travail à distanceSavoir travailler à distance avec ses fournisseurs ne se borne pas comme le pensent beaucoup à téléphoner et envoyer des mails, cela demande de savoir recréer une efficacité équivalente à celle d’un travail de proximité.

 

 

 

Quelques règles d’or :

  1. Il ne faut jamais compter sur l’e-mail quand on ne connaît pas les habitudes des interlocuteurs. Le principe même de l’e-mail est d’envoyer un message mais la lecture et la compréhension du message ne sont pas garanties par le simple envoi. Ensuite, la qualité et le temps de la réponse peuvent conduire à beaucoup de déconvenues.
  2. Le téléphone ne reste que de l’échange audiophonique et il est insuffisant pour se faire comprendre dans un contexte de langue anglaise mal parlée des deux côtés.
  3. Il faut créer des binômes avec des personnels de part et d’autre. Il s’agit en effet d’un travail en équipe “à distance” qui doit être très opérationnel.
  4. Il est nécessaire d’établir des règles de communication basées sur un langage simplifié mais représentatif des événements de la relation avec les fournisseurs.
  5. Il faut faire supporter les échanges par une plateforme collaborative dont les droits permettent des mises à jour de part et d’autre sans conduire à des redondances ou à des conflits dans les données. Ces plateformes permettent aux différents acteurs de mettre à jour les informations sans avoir besoin de recourir à l’e-mail.
  6. Il est également indispensable de compléter l’usage des plateformes par des web conference régulières au cours desquelles, les explications sont menées en montrant son écran.
  7. Enfin, les messageries instantanées apportent à l’ensemble des outils, un support efficace de gestion de la présence et de conversation en mode texte souvent mieux comprise quand la qualité audio est dégradée.

L’apprentissage de ce nouveau type de métier ne se décrète pas. Il nécessite un effort personnel d’apprentissage, une formation et des outils adaptés.

Les sociétés qui envisagent de délocaliser doivent absolument mener cette transformation au sein des structures de coordination en France si elles veulent obtenir les gains escomptés par ces délocalisations.

Il est intéressant de constater que les personnes formées à travailler à distance gagnent des opportunités de trouver un métier, soit pour coordonner des activités à l’international, soit pour effectuer des prestations à distance dans des marchés où elles peuvent devenir compétitives.

La terre est plateL’enjeu du travail à distance va donc bien au dela de la réussite de la délocalisation, il est aussi de pouvoir exporter des services. Si vous voulez en savoir davantage sur les nouveaux enjeux du travail à distance face à la mondialisation de l’économie, je vous invite à lire l’excellent livre de Thomas Friedmann, “La terre est plate”.

RSS Trackback URL 27. février 2007 (15:22)
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