Un G8 qui se préoccupe mais qui participe aussi au réchauffement climatique
Comme à son habitude, le G8 rassemblera physiquement du 6 au 8 juin à Heiligendamn (petite station balnéaire des bords de la Baltique) les chefs des huit états parmi les plus industrialisés du monde : les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, l’Italie, le Canada, et la Russie. Ensemble, les pays du G8 représentent 66,5% de l’économie mondiale.
Un des thèmes prioritaires de cette manifestation cette année est la lutte contre le réchauffement climatique mais les organisateurs ne se posent pas une seule seconde la question de l’impact même de cette manifestation sur les émissions de CO2. Entre les transports des différentes délégations et les afflux de journalistes et policiers s’annonce très polluant comme l’indique l’hebdomadaire allemand Der Spiegel.
Le cabinet conseil de Munich ClimatPartner a même fait une estimation de 30 000 tonnes soit l’équivalent annuel des émissions de 12 000 français environ. Les hélicoptères, les avions et les voitures officielles des seuls membres du G8 contribueront à hauteur de plus de 12 000 tonnes. Les 16 000 policiers et la logistique émettront, quant à eux, 3 300 tonnes de CO2. La construction du grillage de sécurité de 12 km et les manifestants alter mondialistes contribueront à hauteur de 13 600 tonnes de CO2. Enfin, les 4 700 journalistes du monde entier enverront 1000 tonnes supplémentaires dans l’atmosphère. On ne compte évidemment pas les articles de la presse papier dont les émissions viendront en plus.
Un guide des conférences neutres en carbone a pourtant été édité : rien n’y fait. La résistance au changement atteint également ceux qui prétendent être inquiets du changement climatique.
Comment être crédible quand on n’applique pas à soi-même les recommandations que l’on aimerait voir appliquées au monde entier. Je crois pourtant que nous pouvons finir sur une note optimiste. Il semble que la prise réelle de conscience augmente sur le caractère désuet de ce genre de manifestation. La révolution ne viendra pas d’en haut. Elle se prépare déjà sur le terrain par le nombre croissant de personnes convaincues qu’il faut se réunir autrement. Le mouvement est en train d’envahir tous les pays anglo-saxons, aux Etats-Unis et en Angleterre. Non, messieurs les membres du G8, susciter l’intérêt pour le changement climatique, ne demande pas nécessairement d’émettre 30 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère, n’en déplaise à vos habitudes, Internet est un levier bien plus puissant et bien plus neutre en carbone !
