L’offshore des services est-elle une solution viable ?
Depuis quelques années, les sociétés de service informatique confrontées à une érosion de leurs marges considèrent l’opportunité de délocaliser une partie croissante de leur développement en Inde ou plus généralement dans les pays où la main d’œuvre est de qualité et de surcroît très bon marché.
Au delà du calcul de rentabilité souvent mené superficiellement, cette approche est techniquement possible aujourd’hui avec la qualité des réseaux informatiques et les technologies de collaboration mais elle se heurte malgré tout à des difficultés réelles de mise en œuvre :
1-culture des développeurs qui vivent dans des conditions très différentes,
2-problématiques linguistiques alors que pour assurer les développements de qualité dans un délai court, il est nécessaire de se comprendre parfaitement et donc d’avoir l’habitude de travailler ensemble.
Cette délocalisation soulève en outre deux interrogations :
1-Pourquoi, le travail à distance n’était-il pas possible avec les prestataires dans l’hexagone alors qu’il devient attractif avec les Indiens ? le travail à distance effectué dans l’hexagone pourrait permettre de baisser les coûts d’au moins 30 % en employant des développeurs qui télétravaillent depuis leur domicile.
2-Que va devenir la compétence de développement informatique en France et quelle va être l’attractivité de la filière pour les écoles françaises d’Ingénieurs ? Il serait dommage également de suivre l’exemple des centres d’appels qui avaient été délocalisés plus tôt et qui reviennent maintenant dans l’hexagone en employant des prestataires à domicile pour retrouver de la qualité : mouvement de « homeshoring ». Dans le domaine du développement informatique, il ne sera en effet pas possible de faire de même car la montée en compétence est plus longue à retrouver.
A contrario, si les entreprises françaises acceptent de développer en France avec des prestataires travaillant à distance, elles permettent à ces derniers de développer leurs affaires non seulement en France mais aussi dans des pays pour lesquels les services informatiques sont réputés plus chers comme les pays anglo-saxons. Au lieu de faire partir la compétence, cette pratique permettrait de la développer.
Qu’en pensez-vous ?
