Le BlackBerry améliore-t’il l’efficacité ?
Les cadres, toujours à l’affut du dernier objet qui témoigne de leur position hiérarchique, se sont emparés du terminal BlackBerry. Il leur permet de recevoir ou envoyer des courriels et de téléphoner quelque soit l’endroit où ils se trouvent en utilisant le réseau de téléphonie mobile (GSM/GPRS ou UMTS).
Si l’objet est séduisant, c’est qu’il répond parfaitement au syndrôme que nous avons déjà décrit dans un article précédent sur « l’information worker » : « je suis au travail, je peux te répondre succinctement mais visiblement en déplacement donc ne compte pas trop sur moi pour t’aider quand même ».
Ce message standard implicite permet au cadre mobile de se dédouaner de son absence du bureau. Il peut ainsi vaquer à son occupation favorite, le déplacement pour réunion tout en donnant l’illusion de son efficacité et de sa disponibilité. Il s’agit en effet de la réduction du temps de présence sans risque d’être pris pour un télétravailleur.
Les Directeurs informatiques aiment également le BlackBerry car il leur évite le travail de déploiement de la connexion VPN qui permet de récupérer ces mails de n’importe quel accès Internet. Le VPN est en effet plus lourd à déployer et nécessite un peu de formation.
Outre le fait qu’on peut s’interroger sur la réelle efficacité du cadre mobile, Il y a plusieurs inconvénients majeurs au déploiement de ce genre d’outil :
- Il contribue à améliorer l’image du déplacement car l’on reste connecté et joignable et donc « efficace » malgré les temps perdus dans les transports ;
- Il conduit à un surcoût car ce service supplémentaire s’ajoute à la téléphonie mobile déjà très coûteuse.
- Il repose exclusivement sur l’e-mail dont on connaît les graves inconvénients en matière d’efficacité dans le travail collaboratif : non structuré, conduisant à des interprétations selon la qualité de la communication, mélange de formel et d’informel, etc…
Les ministres qui ne coupaient pas à l’effet de mode se sont heureusement vus refusés son usage par le secrétariat général de la défense nationale pour des raisons de sécurité insuffisante.
Non, toutes les technologies de l’information ne sont pas bonnes pour l’efficacité du travail : le BlackBerry en fait partie malgré son succès.

Xavier
24. juin 2007 | 17:28 hles grands bénéficiaires du Blackberry sont les oérateurs, son fabricant et, semble-t-il, la NSA.
Pour les utilisateurs, en dehors de la frime dans les halls d’aéroports (de moins en moins d’ailleurs car il se banalise), il pousse à la procrastination. On se crée des tâches inutiles qui n’existaient pas.
On commençait juste à se civiliser avec le téléphone en voix. Le convive qui téléphone à table se fait plus rare. Aujourd’hui, il passen au Blackberry et pianote pendant tout le repas sous prétexte que cela ne dérange personne.
De toute façon, à quoi cela peut-il bien servir de recevoir ses spams en déplacement ?
Je dirais même que le Blackberry est un indice qui trahit une mauvaise connaissance et de mauvais usages des TIC
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26. septembre 2007 | 07:12 h[…] extérieurs de niveau hiérarchique, gadgets à exhiber dans les halls d’aéroport, je doute, tout comme Jacques, de leur […]