La grève démarre : qu’attendez-vous pour changer votre façon de travailler ?
Une grève reconductible démarre ce soir et tout le monde pense qu’elle va bloquer l’économie française pendant une semaine. Cette grève porte sur le maintien d’avantages acquis pour prendre en compte la pénibilité lors des trains à vapeur en 1855. Aujourd’hui, l’innovation technologique a bien changé les conditions de travail des conducteurs de train mais elle a également changé celles des usagers. Une très grande partie des usagers des transports en commun est aujourd’hui constituée par des employés de l’économie de l’information. Alors que la technologie leur permettrait de travailler depuis chez eux sans dégradation de la qualité en utilisant Internet, ils continuent d’emprunter les transports avec des conducteurs qui eux pensent maintenir leurs avantages par leur caractère indispensable. Cette grève peut leur permettre d’amorcer une réflexion sur l’utilité réelle de leur déplacement.
Plutôt que d’essayer de résoudre ce conflit par tous les moyens de négociation, il est temps de communiquer sur le caractère non indispensable de se déplacer pour travailler. La grève devrait amorcer une réflexion sur la réorganisation plus large du travail.
La compétitivité de notre économie n’est en effet plus corrélée comme le prétend cet Article aux déplacements professionnels. Elle dépend bien davantage de notre capacité à tisser des liens sur toute la planète par le travail en réseau à distance.
Le travail 2.0 se définit comme :
- Travail en réseau avec création interactive de valeur. L’individu ne peut rester isolé dans sa création de valeur. Bien plus que le processus mis en avant dans les années 80, on parle aujourd’hui de travail en réseau interactif où la création de valeur vient de l’échange avec ses pairs.
- Travail neutre en carbone. Le récent Grenelle de l’environnement fait sourire par son déploiement de réunions ayant engendré des déplacements pour une production assez faible d’idées nouvelles. Il faudra bien pourtant innover dans ce domaine tant il est clair aujourd’hui que la planète n’est pas capable de soutenir nos modes de vie occidentaux généralisés à l’ensemble du monde.
- Travail résistant aux grèves des transport. La France en a grandement besoin. L’ampleur des réformes à mener dans la fonction publique doit absolument nous rendre indépendants de ces grèves.
- Travail sans retraite avec épanouissement et apprentissage continu. L’allongement de notre durée de vie met mécaniquement en faillite notre système de retraite. Il faudra donc changer l’image du travail aujourd’hui perçu comme une période pénible avant la retraite heureuse.
- Travail sans statut de salarié mais en logique d’entrepreneur. La flexibilité demandée par notre économie mondiale rend caduque bien des contrats de travail. Seules aujourd’hui, les grandes entreprises peuvent par leur taille résister à l’écart entre la rigidité du cadre d’emploi et l’agilité demandée par les clients. Or ces grandes entreprises ne sont plus les grands porteurs d’emploi.
- Travail fusionnel entre la technologie et l’homme qui permet d’associer le meilleur de chacun. La maturité vis à vis des technologies nous démontre que celle-ci ne remplace pas l’être humain mais elle lui permet de se dépasser à condition qu’il l’utilise à cette fin.
Au même titre qu’en 95 où l’on avait déjà vu s’amorcer des réflexions qui ont fait école sur “une autre façon de travailler”, cette grève doit permettre à chacun de faire un point sur son organisation du travail pour tourner enfin la page avec les grèves du 20ème siècle 7 ans après avoir passé l’an 2000.

