déc 06 2007

Notre organisation actuelle du travail est-elle durable ?

Jacques Le Ny | Category: Télétravail | 1 Comment

bureauxC’est la question cruciale que pose l’étude lancée par Regus, le groupe Anglais qui développe le concept de bureau à la demande. Même si manifestement, Regus est directement intéressé dans la promotion de son modèle, l’étude (vous pouvez y accéder ici) pose de très bonnes questions auxquelles elle apporte des réponses très sensées.

Le concept de bureau a vu le jour il y a environ 100 ans à l’époque de la révolution industrielle. A cette époque l’échange d’information ne pouvait s’effectuer que par la proximité physique et les théories du management telles que le taylorisme et le fordisme faisaient l’hypothèse d’un besoin de contrôle visuel du salarié.

Les technologies de l’information ont apporté depuis bien des solutions pour relativiser le besoin du bureau. L’organisation du travail n’a pas pour autant suivi cette évolution et le concept de travail au bureau souvent situé très loin en temps et en distance pose la question double de la productivité et de l’impact carbone.

Selon l’étude menée par Tom Redman et la société JBA, étant donné leur taux d’utilisation actuel, nos bureaux sont responsables d’un excès de 1,186 millions de tonnes de dioxyde de carbone. L’utilisation de locaux pour bureau est responsable d’environ 40 % des émissions de carbone de l’Union européenne (trajets domicile-bureau et construction immobilière + infrastructures routières). Ceci relativise donc l’impact de la production industrielle (28%) et celui de l’habitat (21%).

Pour autant, le taux moyen d’occupation des bureaux diminue et représente environ 30 % du temps total. Les trajets contribuent à eux seuls à l’émission de 938 millions de tonnes de dioxyde de carbone par an dans l’Union européenne. En outre, 34 % des personnes travaillant au bureau ne sont pas sensibles aux différents gaspillages tels que laisser la lumière allumée ou consommer abusivement du papier.

L’élimination du travail au bureau n’est donc pas suffisamment prise en compte dans les solutions pour la réduction de notre empreinte écologique : c’est  de toute évidence la solution  la plus équilibrée entre les avantages économiques, le potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’amélioration de l’équilibre de vie des travailleurs du 21ème siècle. Elle donne enfin tout le sens au concept de développement durable de notre société en quête de réorientation dans ses pratiques. Gageons que l’année 2008 qui va démarrer puisse faire avancer les projets qui ont timidement vu le jour dans ce domaine en 2007 et faire de nombreux émules.

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