mar 21 2008

Adieu le BPR, vive le CPR!

Patrick | Category: Développement durable, Nouvelles technologies de collaboration, Organisation du travail | 0 Comments

Le BPR (Business Process Reengineering) est une démarche d’entreprise qui vise l’amélioration des processus et des organisations. Le concept a été développé au début des années 90 par Michael Hammer du MIT.

Aujourd’hui, si nous regardons le retour de cette démarche, nous pouvons constater qu’elle a permis de structurer les opérations en entreprise (donc d’en optimiser les coûts et d’en améliorer l’efficacité). Elle a aussi particulièrement tiré l’informatisation au travers des progiciels.

L’un des résultats du BPR est de formaliser un processus comme une suite logique d’actions et d’acteurs ayant chacun un rôle précis à jouer. Parfois sur un support commun d’information. Nous sommes donc essentiellement dans une démarche transactionnelle, une suite d’événements qui s’effectuent dans un ordre logique. Ce support commun et cette idée de transactionnel étant le cœur même de tout progiciel.

Malgré tout, force est de constater qu’une part importante des problèmes à gérer en entreprise est issue d’un manque de communication, de coordination ou de collaboration. Alors que bien souvent l’expertise est là. Au même moment, Il est amusant de voir le parallèle avec l’effervescence des nouvelles technologies motivées par le « collaboratif », le « partage de connaissance », le « réseautage».

Si chacun sait le rôle qu’il a à jouer et les actions qu’il a à exécuter, on voit clairement que l’approche taylorienne du BPR n’a pas suffisamment pris en compte le fait qu’un individu est intimement imbriqué dans une organisation de plus en plus transversale : « si le BPR a permis de lier les fonctions de l’entreprise, il n’a pas toujours permis de briser l’effet de silo bien connu ».

Le CPR (Collaborative Process Redesign) est une réponse à cette situation.

Le CPR vise à reconsidérer la façon dont les opérations sont exécutées en introduisant le travail collaboratif. Il ne s’agit pas de revoir la finalité des actions mais plutôt de remplacer le « séquentiel en silo » par une démarche collaborative. L’acteur n’agit plus seul, mais en groupe. Il prend donc de meilleures décisions pour ces propres actions. Ce qui évite la cascade de l’erreur tout au long du processus. L’acteur comprend aussi mieux les attentes du groupe, les actions des autres acteurs (perception souvent oubliée dans les approches BPR – « chacun regarde sa boîte »).

Le paradoxe est que bon nombre d’acteurs passent déjà beaucoup de temps à s’échanger des informations, se téléphoner, mener des réunions, s’envoyer des emails, se déplacer. Lorsque l’on regarde dans le détail, on peut voir qu’une part importante de cette communication est due à un manque beaucoup plus en amont de collaboration. Le CPR ne vise pas à résoudre plus rapidement un problème (quoique cela puisse être un objectif), il vise à éviter le problème par plus de travail collaboratif en amont. Un des enjeux du CPR est de faire percevoir aux acteurs que certaines de leurs actions ont de fortes implications sur un groupe…perception qui se perd dans la répétitivité et le quotidien.

Le CPR est donc avant tout une démarche de conduite de changement. Elle doit être aussi supportée par des nouvelles technologies, à coût relativement limité, qui apportent toute la fluidité des échanges nécessaires.

Alors que le BPR a une image de taylorisme (et donc d’activités séquentiels sur un site de production), le CPR répond beaucoup plus aux nouveaux enjeux de la mondialisation : agilité des organisations, transversalité des opérations, des partenaires toujours plus nombreux et éloignés (clients ou fournisseurs). Le CPR est aussi une démarche de développement durable : plus de collaboratif avec des acteurs éloignés signifie aussi moins de déplacements.

Lire les fondations du BPR sur Wikipédia

mar 17 2008

Le manager 2.0

Patrick | Category: Télétravail, Développement durable, Nouvelles technologies de collaboration, Nomadisme, Travail à distance, Organisation du travail | 0 Comments

newzy-37-couv.jpg “La technologie est un moyen et non une finalité”.

Il est bon d’insister sur le fait que la technologie a pour finalité une transformation avec un réel retour sur investissement au travers d’une démarche productiviste ou économiste (dans le bon sens du terme).

Cette transformation est avant tout comportementale dans l’adoption de nouvelles organisations et nouveaux modes de travail.

Il s’agit certes d’une évidence, mais qu’il est bon de rappeler dans la mesure où elle est soumise à rude épreuve pour les raisons suivantes :

- Il y a toujours un clivage fort entre ‘opérationnels’ et ‘technologues’ du fait d’aspects psycho-sociaux (mais qui diminue au fil du temps);

- Pour un part importante, les grands programmes de transformation de ces dernières années se sont focalisés sur des mises en place technique et ont sous estimés l’essentielle conduite du changement qui est le véritable levier au retour sur investissement (et qui aurait permis de limiter le dit clivage);

- Il y a une profusion de nouvelles technologies qui peut saturer certains esprits ou qui transforment des hommes d’actions en hommes de veille permanente.

Néanmoins, l’effervescence ne remet nullement en cause l’apport indéniable des nouvelles technologies. Si elles sont nombreuses et évoluent très vites, si le choix est difficile, pour la première fois nous avons des réponses aux grands enjeux du 21ème siècle : mondialisation et transversalité des organisations, développement durable, productivité individuelle et qualité de vie personnelle, économie de la connaissance et des services.

Pour cela l’entreprise et ses managers vont évoluer, cela prendra plus ou moins du temps. Mais le mouvement est en marche vers l’entreprise 2.0. Il s’agira pour certains d’être en avance ou en retard.

Lire l’article Newzy ‘Le manager dématérialisé (p42)’

mar 17 2008

Quel avenir pour les réseaux sociaux ?

Patrick | Category: Nouvelles technologies de collaboration, Web 2.0 | 0 Comments

Linkedin , My Spaces, Viadeo, FaceBook, Synergies, Bebo, Ziki, Xing….on ne compte plus le nombre impressionnant de réseaux sociaux disponibles aujourd’hui sur le marché.

Pour un utilisateur commun, le résultat est simple : une dizaine de comptes créés ici ou là, une diminution drastique de la volonté de contribuer.

La contribution individuelle est la clé du succès d’un réseau virtuel. Pas de retour sur investissement si soi-même on ne joue pas le jeu. La règle est saine et logique.

Mais que faire lorsque l’on est submergé par les offres et possibilités ? Sur quel réseau contribuer alors qu’ils se ressemblent pratiquement tous (un internaute ‘psy’ expliquait que FaceBook attirait les salariés dans la mesure où il était bleu !? à comparer à MySpace plus artistique dans son design). Evidemment le temps ne nous permet pas de contribuer à tous les réseaux (sachant que l’on a tous de plus en plus son propre blog). Il y a aussi le syndrome du ‘nouveau’, vu comme le probable élu…et non…

Si l’on se place du côté des professionnels (qui ont la volonté de contribuer au sein d’une communauté de même compétence), un constat est le manque de personnalisation des réseaux virtuels: ‘en tant que professionnel, je me sens mélangé à une multitude d’autres profils, qui ne partagent pas mes centres d’intérêts, dont je ne reconnais pas forcément le professionnalisme au premier abord’. Viadeo tire son épingle du jeu en proposant des ‘hubs’, mais l’on garde toujours cette même impression de profusion.

Côté entreprises, certaines d’entre elles se demandent dans quelle mesure un réseau social pourrait répondre à certaines de leurs problématiques. Les leaders des plateformes de collaboration (Microsoft, IBM, BEA) proposent de plus en plus des réseaux sociaux encapsulés (un aspect de l’entreprise 2.0).

En parallèle, les réseaux non virtuels sont particulièrement actifs. Ils regroupent des professionnels qui sont parfois cooptés et qui sont tous conscients du professionnalisme des uns et des autres. Cependant, mécaniquement, les échanges restent limités dans la mesure où ils s’exécutent principalement lors de réunions mensuelles ou trimestrielles. Pouvons-nous dire si ce mode est réellement productif ? Tire t-il vraiment parti des potentiels de ses membres ?

L’avenir des réseaux sociaux n’est-il donc pas dans la communion des deux modèles ? Le réseau virtuel ne doit-il pas plutôt être le moteur d’un réseau physique, quitte à ce qu’il se développe virtuellement mais dans une étape ultérieure ?

Lire l’article Newzy ‘Facebook sur le déclin ?’

mar 07 2008

Le prix du baril de pétrole au-dessus des 100 dollars va-t-il suffire à nous ramener à la raison ?

Jacques Le Ny | Category: Développement durable, Travail à distance, Organisation du travail, Société | 0 Comments

Coton OuzbekistanLa frénésie d’achats de produits fabriqués partout où l’on peut exploiter la misère du tiers monde commence à se retourner contre nous : ces pays accèdent peu à peu à un meilleur niveau de vie et souhaitent rapidement sortir de leurs mauvaises conditions de vie. Ils améliorent leur niveau de vie grâce aux consommateurs des pays occidentaux et se mettent à consommer.
Comme ils sont très nombreux, leur consommation influence très vite le prix de toutes nos matières premières telles que le pétrole et autres denrées alimentaires de base.
Nous voyons donc rapidement l’inflation contrer la stratégie de délocalisation. Pour réduire l’impact de l’augmentation des prix, les pays asiatiques en voie de très fort développement, ont recours à d’autres pays qui vivent encore dans la misère totale en exploitant les enfants comme ceux de l’Ouzbékistan. Les exigences de traçabilité des consommateurs relayés par les médias vont rapidement permettre de nous ramener à la raison en face de distributeurs uniquement centrés sur le profit.
En l’espace de 15 ans, nous avons complètement désindustrialisé les pays occidentaux en exploitant le tiers monde. Nous atteignons aujourd’hui un point de retournement de tendance et cela pourrait bien nous ramener progressivement des emplois à proximité des consommateurs.

D’ailleurs, le gouvernement voyant qu’il ne maîtrisait pas facilement le pouvoir d’achat s’est donc empressé de recentrer son argumentaire sur la diminution du chômage.

Si la France pouvait se réindustrialiser en raison d’un pétrole cher, il ne faut pas oublier le poids du pétrole dans notre économie tertiaire. Malgré le formidable essor d’internet et des hauts débits qui nous permettent de travailler à distance, notre économie tertiaire est toujours centrée sur «aller au bureau pour travailler ». Si le prix du pétrole augmente, les travailleurs-consommateurs vont voir leur budget de transport devenir trop lourd et ils vont réclamer des augmentations de salaire, ce qui réduira encore la compétitivité de notre secteur tertiaire.

La deuxième délocalisation est donc celle du tertiaire car contrairement à celle de l’industrie, celle-ci ne dépend pas du pétrole mais des réseaux dont on connaît le faible coût.

Mais l’on peut aussi voir cette menace comme une opportunité. Si les français savent tirer partie de leur éducation et s’organiser pour travailler à distance, ils deviennent indépendants du pétrole et peuvent donc augmenter leur pouvoir d’achat. Ils peuvent en outre saisir des marchés à distance vers des pays qui n’ont pas encore fait le pas et pour lesquels la main d’œuvre tertiaire est chère.
Il semble de plus en plus clair que l’industrie doit être locale et que le tertiaire doit être global pour un développement durable de notre économie. Ceci est précisément un retournement complet de stratégie par rapport aux quinze dernières années.

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