mai 28
2007
Jacques Le Ny
|
Category: Télétravail, Développement durable, Nomadisme, Organisation du travail
|
Créée il y a 5 ans, à l’initiative de la Commission européenne, « la Semaine européenne de la mobilité a pour but d’influencer la résolution des problèmes de mobilité et de transports urbains et d’améliorer la santé et la qualité de vie des Européens ».
Organisé chaque année du 16 au 22 septembre, cet événement constitue une occasion idéale pour présenter au grand public des solutions de transport alternatives dans le but d’avancer sur la voie d’une stratégie européenne de transport plus durable. Un petit guide très didactique sur l’éco-mobilitée est édité pour permettre à chacun de réfléchir sur son approche des déplacements
On y trouve notamment un chapitre sur le “travailler autrement” mais nous ne pouvons que déplorer l’absence totale de réflexion sur la réduction du besoin de déplacement permise par le travail à distance.
Contrairement à nos amis anglais qui associent le développement durable à des formes innovantes d’organisation du travail, le guide ne propose que les transports en commun ou le vélo en substitution de la voiture. C’est déjà bien mais cela concerne de moins en moins de situations d’emploi : entre ceux qui ont dû s’éloigner pour abaisser le coût de l’immobilier et ceux qui travaillent dans un cadre Européen ou même mondial, il faut certainement trouver des alternatives plus adaptées telles que les technologies de collaboration à distance qui permettent tout simplement d’éviter les déplacements.
En effet, s’il est souvent fait référence aux économies d’énergie pour l’habitat, il n’est jamais fait allusion à l’économie de déplacement comme si la demande ne pouvait que croître indéfiniment. Nous pensons qu’au contraire le développement durable de notre économie passe par une mobilité de l’information sans qu’une mobilité physique soit nécessairement requise pour des échanges de services.
mai 28
2007
Patrick
|
Category: Développement durable
|
Mai 2007: où en sommes-nous avec Kyoto et le développement durable ? Beaucoup de rapports rédigés, beaucoup de plan d’actions définis, beaucoup de papiers, beaucoup de déplacements riches en CO2 par de nombreux experts…et certains osent encore remettre en cause la caractère prioritaire du sujet (cf. petit bouquin bleu sorti récemment en librairie). La Banque Mondiale vient de sortir un rapport qui indique que depuis 1990, les émissions dans la pays riches n’ont fait qu’augmenter….alors que d’ici 2012, elles devront diminuer de 5,2%. Pour une fois, nous savons où nous allons ! Si les Etats-Unis refusent de signer le protocole, si la Chine ne s’engagera certainement pas le premier dans la démarche, je suis convaincu que l’Europe peut être le fer de lance: parce qu’elle en a les moyens et que ses efforts seront légèrement inférieurs à ceux des autres groupes.
mai 20
2007
Jacques Le Ny
|
Category: Télétravail, Développement durable, Organisation du travail
|
Le thème du travail est depuis quelques mois au centre de tous les débats. Le slogan de notre nouveau président : ” travailler plus pour gagner plus”, même s’il a le mérite de vouloir remettre la France au travail, ne pose pas la question pourtant essentielle de notre organisation même du travail.
Alors que depuis quelques années, l’infrastructure haut débit se répand sur tout notre territoire et qu’Internet devient le levier du changement majeur décrit 8 ans plus tôt, il semblerait que la remise en cause fondamentale de l’organisation du travail ne soit plus d’actualité.
L’association anglaise Work Wise ( « travailler malin ») lance quant à elle ce week-end une grande réflexion sur notre façon de travailler : les anglais ont appliqué depuis longtemps le travailler plus pour gagner plus mais ils cherchent désormais le « travailler mieux pour vivre mieux »
Nous devons sortir de la logique du « même lieu, même moment » pour introduire de la flexibilité horaire et pouvoir accepter le travail depuis le domicile, voilà ce que propose « Work Wise ».
Les bénéfices de cette nouvelle façon de travailler sont triples :
Pour l’entreprise :
-
des salariés motivés, pour 75 % des entreprises qui ont mis en pratique ces nouvelles formes de travail, elles ont immédiatement constaté des salariés plus productifs et motivés (source, Enquête DTI sur l’équilibre travail/vie privée faite en 2003)
-
des salariés plus fidèles, 60 % des entreprises interrogées ont constaté une réduction du turnover,
-
des gains sur les coûts immobiliers de bureau, évidents pour tous et certains comme Renault le mettent déjà en pratique. Les nouvelles formes de travail permettent également l’extension de la plage d’ouverture des services en 24H24, 7 jours sur 7.
-
des salariés quelque soit leur handicap, avec l’obligation d’employer au moins 6 % d’handicapés pour les entreprises de plus de 20 salariés.
-
des salariés quelque soit leur âge, avec le besoin de rallonger la durée de cotisation, il va falloir trouver de nouvelles solutions pour employer les seniors.
Pour les employés :
Pour notre environnement :
Faut-il donc travailler plus pour gagner plus ou travailler mieux pour vivre mieux ? Pour ma part je pense qu’il faut les deux pour devenir compétitif par rapport à la mondialisation de notre économie. Je vous laisse méditer et réagir …..!
mai 18
2007
Jacques Le Ny
|
Category: Développement durable
|
Saluons la création aujourd’hui d’un nouveau ministère dirigé par Alain Juppé. Il englobe les questions d’écologie avec celles de l’énergie, des transports et de l’aménagement du territoire. C’est une excellente nouvelle pour tous ceux qui croient, comme moi, à l’importance de l’action politique dans ces sujets.
Enfin, l’écologie n’est plus contournée mais considérée comme un enjeu majeur de notre société. Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ont là une occasion sans précédent d’agir et non plus de dépenser l’argent public à commander de longs rapports qui finissent à la poubelle sans être lus, compris ou suivis d’action.
Les associations de l’énergie et du transport au développement durable sont sans aucun doute un bon moyen d’avancer plutôt que de les opposer.
Gageons que ce ministère prenne également conscience des enjeux de l’organisation du travail car, elle aussi, a un rôle à jouer dans l’aménagement du territoire et dans les transports.
mai 15
2007
Jacques Le Ny
|
Category: Télétravail, Développement durable, Nouvelles technologies de collaboration, Nomadisme
|
On parle de plus en plus d’un nouveau type d’employé « l’information worker », c’est-à-dire un employé qui ne travaille qu’avec de l’information, en acquisition, traitement et transmission. De même, il est de plus en plus admis que la mobilité physique n’est plus une contrainte quand on est un « information worker ». Il est vrai que le développement des technologies de communication permet progressivement d’être connecté à son environnement de travail en tout lieu et à tout moment. Les téléphones portables introduits il y a quinze ans ont été massivement adoptés alors que lors de leur introduction tout le monde se demandait ce que l’on allait bien en faire.
Si les téléphones portables ont une capacité à rester joignable en tout lieu, ils ont aussi conduit à une grave erreur d’interprétation : le fait d’être joignable ne veut pas dire que l’on peut être dans un environnement de travail adéquat. Combien de fois avez-vous entendu ? « Désolé, je t’entends mal, rappelle-moi plus tard ? », ou bien « je t’entends mais je ne peux te parler, je suis dans un train ». Cette situation courante a cependant un gros avantage, car la personne est considérée au travail mais sans que l’on puisse lui demander une contribution. Voilà l’atout clé de la mobilité, se mettre dans une situation la plus longue possible dans des conditions de travail dégradées par exemple dans les transports pour éviter de devoir contribuer.
Le véritable environnement de travail d’un « information worker » est de toute évidence un poste fixe dans le calme avec un écran plat de 19 pouces ou plus, un casque multimedia et une webcam. Dans ces conditions de travail à distance, l’information worker est pleinement productif, il peut être facilement entendu ou vu à des coûts bien moindres que dans un cadre de mobilité.
Si l’on comprend que les fournisseurs de technologies et d’infrastructure de communication aient un grand intérêt à développer la mobilité, l’intérêt de l’entreprise utilisatrice de ces technologies est tout autre. Il vaut mieux développer un environnement de travail fixe avec lequel l’ « information worker » peut collaborer à distance avec ses collègues et clients. En effet puisque celui-ci était capable de travailler à distance dans la situation de mobilité, pourquoi s’est-il déplacé ?
Les gains de l’e-mobilité c’est-à-dire d’un travail à distance sur poste fixe sont très importants tant d’un point de vue des déplacements évités, que de la réduction des coûts de communication et des temps improductifs liés aux transports. Il est également prouvé que l’ « information worker » fixe a besoin de moins de surface de bureau globalement que celui qui se déplace. Enfin, n’oublions pas que ces économies ont également un sens par rapport à la réduction de l’impact carbone de notre travail. La mobilité doit décroître au profit de l’e-mobilité.