mar 07 2008

Le prix du baril de pétrole au-dessus des 100 dollars va-t-il suffire à nous ramener à la raison ?

Jacques Le Ny | Category: Développement durable, Travail à distance, Organisation du travail, Société | 0 Comments

Coton OuzbekistanLa frénésie d’achats de produits fabriqués partout où l’on peut exploiter la misère du tiers monde commence à se retourner contre nous : ces pays accèdent peu à peu à un meilleur niveau de vie et souhaitent rapidement sortir de leurs mauvaises conditions de vie. Ils améliorent leur niveau de vie grâce aux consommateurs des pays occidentaux et se mettent à consommer.
Comme ils sont très nombreux, leur consommation influence très vite le prix de toutes nos matières premières telles que le pétrole et autres denrées alimentaires de base.
Nous voyons donc rapidement l’inflation contrer la stratégie de délocalisation. Pour réduire l’impact de l’augmentation des prix, les pays asiatiques en voie de très fort développement, ont recours à d’autres pays qui vivent encore dans la misère totale en exploitant les enfants comme ceux de l’Ouzbékistan. Les exigences de traçabilité des consommateurs relayés par les médias vont rapidement permettre de nous ramener à la raison en face de distributeurs uniquement centrés sur le profit.
En l’espace de 15 ans, nous avons complètement désindustrialisé les pays occidentaux en exploitant le tiers monde. Nous atteignons aujourd’hui un point de retournement de tendance et cela pourrait bien nous ramener progressivement des emplois à proximité des consommateurs.

D’ailleurs, le gouvernement voyant qu’il ne maîtrisait pas facilement le pouvoir d’achat s’est donc empressé de recentrer son argumentaire sur la diminution du chômage.

Si la France pouvait se réindustrialiser en raison d’un pétrole cher, il ne faut pas oublier le poids du pétrole dans notre économie tertiaire. Malgré le formidable essor d’internet et des hauts débits qui nous permettent de travailler à distance, notre économie tertiaire est toujours centrée sur «aller au bureau pour travailler ». Si le prix du pétrole augmente, les travailleurs-consommateurs vont voir leur budget de transport devenir trop lourd et ils vont réclamer des augmentations de salaire, ce qui réduira encore la compétitivité de notre secteur tertiaire.

La deuxième délocalisation est donc celle du tertiaire car contrairement à celle de l’industrie, celle-ci ne dépend pas du pétrole mais des réseaux dont on connaît le faible coût.

Mais l’on peut aussi voir cette menace comme une opportunité. Si les français savent tirer partie de leur éducation et s’organiser pour travailler à distance, ils deviennent indépendants du pétrole et peuvent donc augmenter leur pouvoir d’achat. Ils peuvent en outre saisir des marchés à distance vers des pays qui n’ont pas encore fait le pas et pour lesquels la main d’œuvre tertiaire est chère.
Il semble de plus en plus clair que l’industrie doit être locale et que le tertiaire doit être global pour un développement durable de notre économie. Ceci est précisément un retournement complet de stratégie par rapport aux quinze dernières années.

déc 06 2007

Notre organisation actuelle du travail est-elle durable ?

Jacques Le Ny | Category: Télétravail | 1 Comment

bureauxC’est la question cruciale que pose l’étude lancée par Regus, le groupe Anglais qui développe le concept de bureau à la demande. Même si manifestement, Regus est directement intéressé dans la promotion de son modèle, l’étude (vous pouvez y accéder ici) pose de très bonnes questions auxquelles elle apporte des réponses très sensées.

Le concept de bureau a vu le jour il y a environ 100 ans à l’époque de la révolution industrielle. A cette époque l’échange d’information ne pouvait s’effectuer que par la proximité physique et les théories du management telles que le taylorisme et le fordisme faisaient l’hypothèse d’un besoin de contrôle visuel du salarié.

Les technologies de l’information ont apporté depuis bien des solutions pour relativiser le besoin du bureau. L’organisation du travail n’a pas pour autant suivi cette évolution et le concept de travail au bureau souvent situé très loin en temps et en distance pose la question double de la productivité et de l’impact carbone.

Selon l’étude menée par Tom Redman et la société JBA, étant donné leur taux d’utilisation actuel, nos bureaux sont responsables d’un excès de 1,186 millions de tonnes de dioxyde de carbone. L’utilisation de locaux pour bureau est responsable d’environ 40 % des émissions de carbone de l’Union européenne (trajets domicile-bureau et construction immobilière + infrastructures routières). Ceci relativise donc l’impact de la production industrielle (28%) et celui de l’habitat (21%).

Pour autant, le taux moyen d’occupation des bureaux diminue et représente environ 30 % du temps total. Les trajets contribuent à eux seuls à l’émission de 938 millions de tonnes de dioxyde de carbone par an dans l’Union européenne. En outre, 34 % des personnes travaillant au bureau ne sont pas sensibles aux différents gaspillages tels que laisser la lumière allumée ou consommer abusivement du papier.

L’élimination du travail au bureau n’est donc pas suffisamment prise en compte dans les solutions pour la réduction de notre empreinte écologique : c’est  de toute évidence la solution  la plus équilibrée entre les avantages économiques, le potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’amélioration de l’équilibre de vie des travailleurs du 21ème siècle. Elle donne enfin tout le sens au concept de développement durable de notre société en quête de réorientation dans ses pratiques. Gageons que l’année 2008 qui va démarrer puisse faire avancer les projets qui ont timidement vu le jour dans ce domaine en 2007 et faire de nombreux émules.

nov 27 2007

Une étude publiée par deux universitaires américains démontre que le télétravail est bon pour tout le monde : employeur et employé

Jacques Le Ny | Category: Télétravail | 0 Comments

apl.gifUne étude publiée par deux chercheurs de l’université de Pensylvanie et publiée dans le journal de la psychologie appliquée démontre que le télétravail a de nombreux impacts positifs. (accéder ici)

Ils font tout d’abord une synthèse de nombreuses études ayant conduit à des conclusions restées ancrées dans les esprits alors que les emplois et des technologies auxquelles elles faisaient référence sont aujourd’hui complètement dépassés. Ils déplorent que dans toutes les études menées jusqu’à présent, il n’est jamais été possible d’obtenir des conclusions même modestes.

A partir d’une analyse récente effectuée auprès d’un échantillon large d’environ 12 000 télétravailleurs, Ils dégagent un ensemble d’avantages vérifiés pour l’employé et pour l’employeur.

Pour l’employé, le télétravail conduit à plus de satisfaction dans la réalisation du travail. Il diminue également le stress et il améliore notamment l’équilibre entre vie professionnelle et vie de famille. Il développe l’autonomie souvent si recherchée par les employeurs. En revanche, les télétravailleurs soulignent, malgré tout, le besoin de maintenir des relations informelles sociales avec leurs collègues. Pour entretenir un bon niveau relationnel, ils utilisent de temps à autre des rencontres en face à face. Les éventuelles craintes de manque d’évolution de carrière ne semblent pas aussi importantes qu’initialement soupçonnées.

Pour l’employeur, outre les réductions de coût sur les surfaces de bureau, le gain observé le plus parlant est la meilleure efficacité de ses employés : ils atteignent ainsi plus facilement leurs objectifs que leurs collègues restant au bureau.

Cette étude rompt donc avec la tradition de toutes celles menées jusqu’à présent pour conclure que le télétravail est globalement positif. Au lieu de rester sur un bilan mitigé, elle invite donc à la mutation organisationelle et cherche même à se rendre à l’évidence que le télétravail n’a jamais eu autant d’avenir.

Alors que nos entreprises occidentales sont menacées par un déclin relatif de compétitivité face à l’Asie, il est crucial de développer le télétravail ! Faut-il pour cela le renommer pour rompre avec son image passéiste et négative ?

nov 13 2007

La grève démarre : qu’attendez-vous pour changer votre façon de travailler ?

Jacques Le Ny | Category: Télétravail, Développement durable, Organisation du travail, Société | 0 Comments

Grève RATPUne grève reconductible démarre ce soir et tout le monde pense qu’elle va bloquer l’économie française pendant une semaine. Cette grève porte sur le maintien d’avantages acquis pour prendre en compte la pénibilité lors des trains à vapeur  en 1855. Aujourd’hui, l’innovation technologique a bien changé les conditions de travail des conducteurs de train mais elle a également changé celles des usagers. Une très grande partie des usagers des transports en commun est aujourd’hui constituée par des employés de l’économie de l’information. Alors que la technologie leur permettrait de travailler depuis chez eux sans dégradation de la qualité en utilisant Internet, ils continuent d’emprunter les transports avec des conducteurs qui eux pensent maintenir leurs avantages par leur caractère indispensable. Cette grève peut leur permettre d’amorcer une réflexion sur l’utilité réelle de leur déplacement.

Plutôt que d’essayer de résoudre ce conflit par tous les moyens de négociation, il est temps de communiquer sur le caractère non indispensable de se déplacer pour travailler. La grève devrait amorcer une réflexion sur la réorganisation plus large du travail.

La compétitivité de notre économie n’est en effet plus corrélée comme le prétend  cet Article aux déplacements professionnels. Elle dépend bien davantage de notre capacité à tisser des liens sur toute la planète par le travail en réseau à distance.

Le travail 2.0 se définit comme :
- Travail en réseau avec création interactive de valeur. L’individu ne peut rester isolé dans sa création de valeur. Bien plus que le processus mis en avant dans les années 80, on parle aujourd’hui de travail en réseau interactif où la création de valeur vient de l’échange avec ses pairs.
- Travail neutre en carbone. Le récent Grenelle de l’environnement fait sourire par son déploiement de réunions ayant engendré des déplacements pour une production assez faible d’idées nouvelles. Il faudra bien pourtant innover dans ce domaine tant il est clair aujourd’hui que la planète n’est pas capable de soutenir nos modes de vie occidentaux généralisés à l’ensemble du monde.
- Travail résistant aux grèves des transport. La France en a grandement besoin. L’ampleur des réformes à mener dans la fonction publique doit absolument nous rendre indépendants de ces grèves.
- Travail sans retraite avec épanouissement et apprentissage continu. L’allongement de notre durée de vie met mécaniquement en faillite notre système de retraite. Il faudra donc changer l’image du travail aujourd’hui perçu comme une période pénible avant la retraite heureuse.
- Travail sans statut de salarié mais en logique d’entrepreneur. La flexibilité demandée par notre économie mondiale rend caduque bien des contrats de travail. Seules aujourd’hui, les grandes entreprises peuvent par leur taille résister à l’écart entre la rigidité du cadre d’emploi et l’agilité demandée par les clients. Or ces grandes entreprises ne sont plus les grands porteurs d’emploi.
- Travail fusionnel entre la technologie et l’homme qui permet d’associer le meilleur de chacun. La maturité vis à vis des technologies nous démontre que celle-ci ne remplace pas l’être humain mais elle lui permet de se dépasser à condition qu’il l’utilise à cette fin.

Au même titre qu’en 95 où l’on avait déjà vu s’amorcer des réflexions qui ont fait école sur “une autre façon de travailler”, cette grève doit permettre à chacun de faire un point sur son organisation du travail pour tourner enfin la page avec les grèves du 20ème siècle 7 ans après avoir passé l’an 2000.

oct 12 2007

Le travail à distance enfin reconnu comme une piste sérieuse de solution pour la planète

Jacques Le Ny | Category: Télétravail, Développement durable, Nouvelles technologies de collaboration | 0 Comments

CEAUne étude qui vient d’être publiée par un consortium d’acteurs de l’électronique grand public démontre que le télétravail est source d’économies d’énergie de taille (vous pouvez la télécharger ou la consulter ici ).  

Alors que les industriels affirment aujourd’hui ne pas pouvoir tenir leurs engagements en matière de réduction des gaz à effet de serre et que le Grenelle de l’environnement se borne à des solutions classiques, il devient urgent de changer de paradigme.

L’étude tente de démontrer que le travail à distance assisté par les nouvelles technologies permettrait d’économiser de 9 à 14 milliards de kilowatts-heure (kWh) d’électricité par an, soit l’équivalent de la consommation d’un million de foyers américains.

Une simple journée par semaine de télétravail pour 3,9 millions de travailleurs américains conduirait à réduire  3,2 milliards de litres d’essence en moins par an. Ceci se traduit directement par 14 millions de tonnes de CO² de moins dans l’atmosphère, un impact correspondant à celui de 2 millions de voitures sur les routes.

La dématérialisation des produits a également un impact très positif : par exemple, télécharger une vidéo au lieu de se rendre dans un vidéoclub éviterait le rejet de 1,9 kg de CO² (en faisant l’hypothèse d’un trajet moyen de 10 km).

L’impact de l’achat sur Internet de produits est quant à lui jugé neutre, le déplacement de l’acheteur étant remplacé par celui du livreur.

Au dela des effets évidemment bénéfiques sur le climat, les Etats Unis y voient un moyen de réduire leur dépendance à l’énergie fossile qui domine très largement au niveau du transport.

Nous avons déjà depuis longtemps essayé de témoigner sur notre blog que les technologies de l’information peuvent jouer un rôle essentiel par rapport à l’ensemble des solutions étudiées actuellement :

- nous avons à ce titre créé le site netploy qui regroupe toutes les personnes qui veulent travailler à distance, soit en tant que professionnel des services (consultant, développeur, coach….) et qui les soutient en suggérant les solutions techniques et en partageant les retours d’expérience,

- nous sommes également partie prenante dans l’initiative home friday qui invite toute entreprise à mettre en place le travail à domicile un jour par semaine.

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