sept 27 2007

Le Grenelle de l’environnement oublie l’organisation du travail

Jacques Le Ny | Category: Télétravail | 0 Comments

grenelle.jpgBaisse de 10 km/h de la vitesse sur les routes ou encore éco-taxe sur les 4X4  sont naturellement de bonnes mesures parmi les nombreuses annoncées dans le Grenelle de l’environnement. On regrettera toutefois l’absence totale de prise en compte de l’impact des technologies de l’information. Si les transports et l’habitat sont responsables à eux deux de la moitié  des émissions de gaz à effet de serre comment ne pas s’interroger sur la part du domicile-travail et sur celle des énormes surfaces de bureau.

L’écologie reste dans une image centrée sur la transformation des moyens sans remettre en cause le besoin. Le mot développement durable prend pourtant tout son sens dans la logique des organisations d’entreprise en mode de collaboration à distance : c’est un des rares moyens qui amène en effet à des gains démontrés d’efficacité et de coût tout en étant sobre en émissions de gaz à effet de serre.

juil 18 2007

Cisco signe un partenariat avec Regus sur les salles de réunion virtuelles

Jacques Le Ny | Category: Télétravail | 1 Comment

Un accord a été signé pour la mise en place de 50 salles de réunions virtuelles gérées par Regus, entreprise d’immobilier de bureau avec la technologie  de téléprésence Cisco. Cette technologie, appelée téléprésence permet de transmettre en vidéo sur IP des images à très haute définition sur des grands écran (sans déformation de la taille des interlocuteurs).

L’accord a été signé à distance entre San Jose en Californie et Londres. Rob Lloyd, le SVP operations US et Canada affirme que Cisco veut réduire ses propres émissions de carbone de 10 % avec sa technologie et espère que de nombreuses entreprises les suivront dans cette voie.  Aux dires des personnels de Cisco, plus rien ne distingue les personnes à distance des personnes qui sont dans la même pièce. Je vous laisse regarder la vidéo de l’accord entre Cisco et Regus ((accès à la vidéo de l’accord))

juil 11 2007

La fibre optique et le travail à distance

Jacques Le Ny | Category: Nouvelles technologies de collaboration | 0 Comments

Le site d’information en ligne Clubic a publié une excellente synthèse de la situation du déploiement de la fibre optique en France : les enjeux et les offres des opérateurs.

Il évoque timidement le télétravail dans les possibles applications alors que la télévision HD et autres media de loisirs passent pour les plus évidents débouchés.

Je vais essayer de vous résumer la situation en quelques lignes sans faire trop d’impasses. Le réseau ADSL ne pourra pas apporter des débits supérieurs à 20 mégabits/s en download et 1 mégabit/s en upload. Ceci nous permet déjà de travailler à distance avec du partage synchrone d’écran (web conference) couplé à la Voix sur IP mais il est impossible de transmettre une image de grande taille fluide avec le débit ADSL. Par ailleurs, la technologie ADSL conduit à de forts déséquilibres au niveau de la localisation sur le territoire. Encore une très grande partie des internautes se trouve condamnée à ne pas monter au dela de 512Kb/s, ce qui pour le coup devient trop juste pour travailler confortablement à distance.

Plus le débit est élevé, plus le transfert de gros fichiers, notamment nécessaires en conception CAO, le partage d’images à haute définition favorisent l’évidence du travail à distance.

La  fibre optique ne joue pas dans la même cour que la paire de cuivre : elle peut transmettre des débits allant jusqu’au Gigabit/s soit 500 à 2000 fois plus que l’ADSL.  Elle peut en outre et c’est là encore son grand avantage supporter la distance avec une très faible atténuation au Km. La technologie est désormais complètement maîtrisée (on est bien loin de l’époque de l’expérience de Biarritz pour ceux qui s’en souviennent encore). Elle pose cependant un problème d’équation économique aux opérateurs. le coût de raccordement d’un abonné dépasse en effet le millier d’Euros. Les opérateurs ont alors des stratégies différentes (raccordement jusqu’à l’abonné ou raccordement de l’immeuble et relais par le cable coaxial).

Dans ces conditions, les grandes villes sont favorisées pour l’arrivée de la fibre, mais paradoxalement, ce sont dans ces zones que les surfaces pour travailler au domicile sont les plus faibles en raison du coût au m2. Il est probable que des technologies mixtes (Fibre-Wimax, Fibre-Cable, …) vont conduire à accélérer le déploiement de la fibre sur le territoire. Il est également évident que la mise en place massive du télétravail permettrait de favoriser l’équation économique. Nous sommes donc dans le syndrôme “de la poule et de l’oeuf”: plus de télétravail, plus de fibre et plus de fibre, plus de télétravail.

Les fournisseurs d’accès à Internet comme Neuf Cegetel, Free ou Orange ont donc tout intérêt à favoriser le travail à distance pour trouver des débouchés au déploiement de leur infrastructure. Il y a lieu d’amorcer un cercle vertueux avec lequel la France peut rattraper son retard et très rapidement reprendre l’avantage.

juil 04 2007

Quelques conseils pratiques pour l’utilisation de la Web conference

Jacques Le Ny | Category: Nouvelles technologies de collaboration, Organisation du travail | 0 Comments

Web conferencerAprès 7 années passées à pratiquer le web conferencing, nous tenons à vous faire partager notre expérience de cet outil qui a transformé notre vie. Si le télétravail restait plutôt défavorisé par rapport au mode traditionnel, les systèmes de web conferencing en ont transformé son application. Plus personne aujourd’hui ne songerait parler de télétravail sans pratiquer au quotidien ce type d’outil qui permet de collaborer efficacement à distance. Voici en quelques lignes nos conseils pratiques sur le sujet. N’hésitez pas à nous faire un retour de vos propres expériences.

Quels sont les pré requis en matériel ?
Un des avantages clés du « web conferencing » est de ne nécessiter que très peu de besoin en matériel. Vous pouvez vous y connecter avec un simple PC connecté à Internet.

Vous aurez besoin d’une bande passante qui dépendra des fonctions que vous utilisez :

  • pour le partage d’écran ou d’application, il vous faut une bande passante d’au moins 30 Kilo Octets/s, soit environ 200 Kbits/s
  • pour la Voix sur IP, il vous faut une bande passante d’au moins 30 Kilo Octets/s, soit environ 200 Kbits/s (plus votre bande passante sera faible, plus la qualité de l’audio va se dégrader avec également l’augmentation du temps de latence très désagréable)
  • pour l’image, il vous faut une bande passante d’au moins 40 Kilo Octets/s, soit environ 300 Kbits/s. Là encore, les mouvements, la qualité de l’image seront affectés par la bande passante.

Si vous utilisez ces 3 fonctions en même temps, vous cumulerez les besoins en bande passante, ce qui vous amènera à 700 Kbits/seconde au minimum.
N’oubliez pas quand vous choisissez les fonctions à utiliser que vous devez vous aligner sur le participant qui a le débit le plus faible. Excluez donc l’image avec les pays émergents ou avec les participants qui se trouvent derrière un serveur proxy dont la liaison Internet est partagée avec des dizaines, voire des centaines d’utilisateurs.
Si vous utilisez la VoIP, n’oubliez pas de vous munir d’un casque. Ne faites pas comme certains qui découvrent les joies de la VoIP en utilisant le micro et les haut parleurs du PC. Leurs interlocuteurs se trouvent avec un écho insoutenable alors qu’eux pensent que tout va bien. Le prix d’un casque varie de 15 Euros à 100 Euros. On a très rapidement une qualité très satisfaisante avec un casque bon marché.
Si vous souhaitez avoir l’image, vous devez faire l’acquisition d’une Webcam. Là encore, il n’y a pas de miracle dans la résolution. Les Webcam se bornent à 640×480, ce qui est amplement suffisant en raison des besoins en bande passante. Evitez quand même de faire un zoom sur l’image avec cette résolution.

Quels sont les besoins en matière de logiciel ?
Les logiciels de web conferencing prolifèrent sur le marché et il est difficile de faire son choix tant les produits sont nombreux. Pensez que ce choix n’est pas égoïste, un outil de web conferencing ne sert à rien si vous vos invites ne peuvent s’y connecter.
Dans ce cadre, attachez une importance à la facilité d’accès. La sophistication des fonctions ne vaut rien si elle n’est pas partageable avec des tiers. Les participants n’auront que très peu de temps pour se sentir à l’aise. Par ailleurs, faites très attention au fait que vos invités peuvent avoir des droits restreints sur leur poste. Il n’est donc pas question d’avoir besoin d’une installation lourde. Tout doit résider dans un contrôle ActiveX ou l’utilisation du standard Java souvent utilisé par ailleurs.
On trouve des solutions qui vont de 20 Euros/mois à 500 Euros/mois pour une salle de 5 participants de manière illimitée. Certains systèmes proposent un coût à la minute. Cela reste en général inadapté aux besoins d’utilisation fréquents, comptez 30 Euros de l’heure pour 5 participants.
Les fonctions de base indispensables sont :

  • Le partage d’écran/ d’application
  • L’échange de présentateur
  • La prise de contrôle à distance

Les fonctions utiles sont :

  • La messagerie instantanée pour poser des questions en parallèle de l’audio.
  • La Voix sur IP bien que vous puissiez utiliser un système externe
  • L’image mais attention à la bande passante requise.
  • L’enregistrement de la conférence qui permet de générer par la suite des Webcast qui sont lues à la demande.

Les fonctions peu utiles :

  • Le vote instantané, même si l’idée peut paraître séduisante, n’a d’intérêt qu’avec un grand nombre de participants, ce qui n’est pas le cas de la majeure partie des réunions.
  • Le tableau blanc, il suffit de se mettre sur un traitement de texte ou sur un outil de dessin et de partager son écran ou l’application.

Comment faut-il s’organiser ?

Il faut d’abord se préparer :

  • Testez l’accès au niveau de tous les participants (attention avec quelqu’un que vous invitez la première fois)
  • Connectez-vous au moins 5 minutes avant pour accueillir les participants et leur redonner le numéro de conférence téléphonique s’ils l’ont oublié.
  • Préparez votre intervention en rendant la présentation disponible à l’avance et réserver la réunion à l’interaction et non à une présentation. N’oubliez pas que l’attention de vos participants dépend étroitement de leurs interventions : suscitez-les !

Il faut ensuite animer d’une manière spécifique :

  • Définissez les rôles, assurez-vous d’un temps de parole minimum de chacun. Observez les signaux de mains levées dans le statut participant.
  • Rendez dynamique votre échange en bougeant le pointeur sur ce dont vous parlez. N’oubliez-pas que vos participants ont peu de repères visuels, vous devez donc tout faire pour maintenir leur attention.
  • Enoncez les règles du jeu en exigeant que les personnes annoncent leur nom quand elles prennent la parole à moins que vous la leur donniez en les nommant.
  • Rédigez en ligne le compte-rendu avec des actions et des décisions. Vous aurez ainsi l’avantage d’une validation en temps réel avec à la clé beaucoup de temps gagné.
  • N’hésitez pas prendre le temps qu’il faut pour votre travail de groupe. La web conference peut se mettre rapidement en œuvre et se limiter à une demi-heure mais elle peut si nécessaire durer plus de deux heures. La fatigue n’est pas aussi importante que dans une conférence téléphonique qui manque, elle, de repères visuels.

Quels en sont les avantages ?

  • Le premier est l’absence de contrainte de se trouver au même endroit au même moment. C’est énorme quand on pense que les avions et les trains sont remplis de personnes qui vont participer à des réunions qu’ils auraient pu mener en web conference La web conference permet d’éviter les déplacements avec des conséquences favorables à l’économie, à la productivité et à l’environnement.
  • La rigueur imposée dans les réunions qui sont menées. La web conference doit en effet être l’occasion de gagner en efficacité du travail en groupe. Le terme réunion peut-être remplacé par session de travail de groupe.
  • La web conference permet de se concentrer sur le rationnel plus que sur la communication non verbale. Cela permet d’être plus factuel.
  • La web conference a également l’avantage par rapport à son ancêtre la vidéo-conférence de ne nécessiter que très peu de moyens logistiques, pas de salle de réunion, pas de téléviseur. Un simple PC connecté à Internet avec un téléphone, ou un casque, une webcam si nécessaire.

Quels en sont les coûts ?

  • Il faut compter entre 30 et 300 Euros/mois pour un système fiable et performant avec 5 participants selon que l’on s’adresse aux leaders ou aux challengers très nombreux du marché.
  • Le matériel casque et webcam coûte entre 30 et 160 Euros l’ensemble.
juin 22 2007

Le BlackBerry améliore-t’il l’efficacité ?

Jacques Le Ny | Category: Nouvelles technologies de collaboration, Nomadisme, Organisation du travail | 2 Comments

BlackBerryLes cadres, toujours à l’affut du dernier objet qui témoigne de leur position hiérarchique, se sont emparés du terminal BlackBerry. Il leur permet de recevoir ou envoyer des courriels et de téléphoner quelque soit l’endroit où ils se trouvent en utilisant le réseau de téléphonie mobile (GSM/GPRS ou UMTS).
Si l’objet est séduisant, c’est qu’il répond parfaitement au syndrôme que nous avons déjà décrit dans un article précédent sur « l’information worker » : « je suis au travail, je peux te répondre succinctement mais visiblement en déplacement donc ne compte pas trop sur moi pour t’aider quand même ».
Ce message standard implicite permet au cadre mobile de se dédouaner de son absence du bureau. Il peut ainsi vaquer à son occupation favorite, le déplacement pour réunion tout en donnant l’illusion de son efficacité et de sa disponibilité. Il s’agit en effet de la réduction du temps de présence sans risque d’être pris pour un télétravailleur.
Les Directeurs informatiques aiment également le BlackBerry car il leur évite le travail de déploiement de la connexion VPN qui permet de récupérer ces mails de n’importe quel accès Internet. Le VPN est en effet plus lourd à déployer et nécessite un peu de formation.

Outre le fait qu’on peut s’interroger sur la réelle efficacité du cadre mobile, Il y a plusieurs inconvénients majeurs au déploiement de ce genre d’outil :

- Il contribue à améliorer l’image du déplacement car l’on reste connecté et joignable et donc « efficace » malgré les temps perdus dans les transports ;

- Il conduit à un surcoût car ce service supplémentaire s’ajoute à la téléphonie mobile déjà très coûteuse.

- Il repose exclusivement sur l’e-mail dont on connaît les graves inconvénients en matière d’efficacité dans le travail collaboratif : non structuré, conduisant à des interprétations selon la qualité de la communication, mélange de formel et d’informel, etc…

Les ministres qui ne coupaient pas à l’effet de mode se sont heureusement vus refusés son usage par le secrétariat général de la défense nationale pour des raisons de sécurité insuffisante.
Non, toutes les technologies de l’information ne sont pas bonnes pour l’efficacité du travail : le BlackBerry en fait partie malgré son succès.

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